jeudi 30 avril 2009

Du XIXè siècle à aujourd'hui

Mais les voix des fonctionnaires l'emportent, l'état intervient et le XIXe siècle est principalement consacré aux Marais Mouillés (même si des travaux se poursuivent en Marais Desséché, en particulier dans la zone des "Polders Récents"). L'élan donné à ces ouvrages vient de Napoléon 1er et de ses ingénieurs. Le 16 Septembre 1807, une loi fixe les conditions des dessèchements et endiguements. Le 29 Mai 1808, un décret impérial réglemente les constructions pouvant nuire à la navigation ou à la circulation de l'eau (les "bouchauds" sont visés, barrages de terre destinés à la pose de filets de pêche). De plus, ce décret autorise l'approvisionnement en eau des Marais Desséchés au moyen de seize bondes...Des projets concernant la régulation des eaux (de la Sèvre surtout) suivent, visant à rétablir une navigation fluviale intense et permettre un développement de l'agriculture (en modérant les crues). Certains ne verront pas le jour, d'autres seront réalisés sous Louis-Philippe grâce à l'ordonnance du 24 Août 1833, instituant les trois Syndicats des Marais Mouillés (un par département), associations forcées de propriétaires répartissant tâches et charges. Ainsi, de grandes rigoles sont tracées, comme celle de La Garette ou le Canal du Mignon.L'état assume une partie des travaux : canalisation de l'Autize (1833), élargissement des canaux du Sablon et du Nouveau Béjou (1836), canal de la partie inférieure du Mignon et curage de la Sèvre entre l'Autize et Bazoin (1844). Tous ces travaux mènent à une répartition des canaux, donc de leur entretien : fossés (propriétaires), conches (communes), rigoles, biefs, canaux (syndicats ou Etat). Ils conduisent à un écoulement tel qu'il faille, à partir de 1850, construire des barrages pour maintenir un niveau suffisant en été (8 sur la Sèvre, 4 sur le Mignon).En 1862, EVRARD, Ingénieur des Ponts et Chaussées, lance un projet d'aménagement de la Sèvre, augmentant son débit par son élargissement et son approfondissement. Il n'empêche pas la violente crue de 1872 qui menace les digues des Marais Desséchés. D'autres travaux tentent d'améliorer la circulation de l'eau (redressement de la Bonde des Jourdains, élargissement de la Sèvre, du canal du Sablon, du Fossé du Loup). Ces aménagements progressifs conduisent laborieusement à une meilleure utilisation des terres des Marais Mouillés. Le parcellaire se couvre de plantation de frênes, de peupliers (1810), de peupliers originaires des Etats-Unis, "Carolin" et "Virginien", qui donneront naissance au clone "Blanc du Poitou").
Les roselières disparaissent au profit des pâturages et des cultures maraîchères (la fameuse "mojette", haricot blanc demi-sec). Le prix des terres en est multiplié par dix au cours du siècle. Néanmoins, les crues persistent, celles de printemps sont catastrophiques pour les cultures.Ce phénomène s'explique par la grande difficulté des travaux d'aménagement hydraulique, liée à divers facteurs propres au Marais Mouillés ; disproportion entre bassins versants et surface réceptrice, faible pente (8 mètres entre NIORT et MARANS), blocage de l'écoulement par les propriétaires du Marais Desséché (qui s'isolent des menaces de crue), et faible durée quotidienne d'écoulement des eaux vers la mer (12 heures en raison des "portes à flot").Aussi, en 1933, l'Ingénieur des Ponts et Chaussées GLASSER esquisse un projet : création de deux réseaux distincts, indépendants, un réseau des "eaux hautes", destiné à acheminer les eaux des bassins versants vers la mer, un réseau des "eaux basses", celles du Marais. Refusé, ce projet est repris, modifié, par TALLUREAU en 1965 qui veut transformer la Baie de l'Aiguillon en réservoir d'eau douce que des pompes renverraient en amont ; désasservissant les Marais Mouillés!Tous ces projets gigantesques conduisent à l'échec, voir au scandale : leurs coûts faramineux ne peuvent coïncider avec les rapports qu'ils engendreraient. Les Marais Mouillés resteront mouillés!Cette période voit leur lente décadence. En effet, en dépit des efforts des aménageurs (remembrements, voiries, ponts,...) et des agriculteurs eux-mêmes, le schéma d'exploitation "industrielle" des terres ne peut être adapté aux particularités locales. Nombre de tracteurs, coulés lors d'un transport en "barque à vaches" ou enlisés dans les sols tourbeux, furent les malheureuses victimes d'un essor voué à l'échec. En plus de la production de bois, le tourisme, pratiqué avec intelligence et prudence, demeure à terme, l'espoir majeur des Marais Mouillés...Enfin, dernière date importante à signaler, le 3 Janvier 1979, jours de la création du "Parc Naturel Régional du Marais Poitevin, Val de Sèvre et Vendée", en soi une reconnaissance des qualités exceptionnelles du site, mais aussi de ses problèmes, à même de marquer son avenir d'un jour moins sombre...

Les Poupard



Jacques POUPARD, "16/02/1806, +. 19/03/1876 x avec Rosé BENOIST
—A.1
? POUPARD
x avec Eugène BENETEAU
—A.2
? POUPARD
-------- A.3
Rosé POUPARD, 4- après 1883 x avec Alexis SAVIN
—A.3.1 Marie Camille Angélina SAVIN, °3 février 1861, ^_ 29 août 1883
A.4
Alcide POUPARD, "21/10/1841
x avec Marie CURGNIER
A.4.1
Eugène Alcide POUPARD, "20/05/1881,.,_ 05/12/1915
x avec Baptistine Emilie BAPTISTE
A.4.1.1
Edouard Georges POUPARD, °1896 x avec Suzanne ? —A.4.1.1.1
Roger POUPARD
—A.4.1.2
Alice Eugénie POUPARD, "08/03/1911, ^ 28/02/1985 x avec Louis Gaston BAILLON
-A.4.1.2.1
Ginette Suzanne BAILLON, "07/02/1936, h_ 19/11/1988 x avec Jean-Pierre MAUGER x avec Joseph BARRA x avec Henri GAUTIER
-A.4.1.2.2
Jean-Claude , Edouard, Louis BAILLON, "26/05/1948 x avec Irène CHALCHITIS x avec Nicole Sophie Marcelle BONNISSOL x avec Dominique GOUMENOPOULOS

Le marais entre les guerres

Les siècles suivants voient tous ces ouvrages, admirables pour l'époque, détruits lors de la Guerre de Cent Ans et des Guerres de Religion, réduisant le labeur monastique au chaos originel, d'abord par manque d'entretien, puis par atteintes directes des protestants à l'égard des travaux catholiques. Place stratégique par sa proximité à LA ROCHELLE, fief huguenot, le Marais devient un champ de bataille parcouru par Henri IV et ses troupes.A l'issue du conflit, le Roi, jugeant de visu des désastres guerriers, assuré d'un calme retrouvé, cherche des "reconstructeurs" du Marais. Les abbayes, les seigneurs locaux, le royaume, tous affaiblis, c'est la Hollande protestante qui prend en main la poursuite des travaux, offrant non seulement son savoir (l'ingénieur Humphrey BRADLEY nommé "Maître des Digues et Canaux du Royaume"), mais aussi les capitaux manquants. Un édit royal de 1599, d'un an postérieur à celui de NANTES, donne à BRADLEY les moyens d'agir : si les propriétaires refusent d'endiguer leurs terres, il exécute les travaux et s'approprie la moitié des espaces conquis ou protégés.Ce texte ne va pas sans soulever la colère des propriétaires, et les habitants voient d'un mauvais oeil ces aménagements dont ils craignent des conséquences sur leurs activités de pêche et de chasse. Certains vont jusqu'à saboter des endiguements, freinant l'essor des travaux hollandais. Ceux-ci sont néanmoins marqué par une plus grande rigueur géométrique et l'utilisation dans l'Anse du Brault, au point de contact à la mer, des "portes à flot" qui bloquent la mer à marée haute mais laissent s'écouler les eaux douces à marée basse (donc la moitié du jour).La reprise des conflits religieux à la mort d'Henri IV, le décès de BRADLEY, laissent les projets inachevés. Pierre SIETTE, ingénieur et géomètre du Roi (Louis XIII), redonne un souffle nouveau aux travaux, aidé en cale par des mesures "fiscales".

Dans la nuit des temps

Remontons le cours de l'histoire jusqu'au Pliocène (-5,3 à-1,6 millions d'années), l'espace actuel du Marais Poitevin est occupé par une plaine jurassique de faible altitude lentement érodée par les actions conjuguées des vents marins et des nombreux cours d'eau qui la ravinent. Les variations de température du Quaternaire amènent la mer, gonflée par les eaux de fonte des glaciers et des pôles, à atteindre un niveau supérieur, puis à se retirer, découpant par la force de ses mouvements un vaste golfe, entrelacs de vasières marines et de ramification fluviales, d'où seule émerge, d'est en Ouest, une ligne d'îlots calcaires rescapés des ruissellements érosifs. Ainsi, à la suite de l'ultime transgression (flandrienne), la mer s'étend jusqu'à une dizaine de kilomètres en aval de NIORT, où commence, en continuité, une zone baignée par les eaux fluviatiles. Déjà, durant le paléolithique, l'homme a conquis la lisière du Golfe.Au néolithique, les hommes s'installent dans cette zone riche en sites faciles à protéger, où la pêche, la chasse, le bois pour le feu, permettent le développement des tribus. La découverte à IRLEAU d'une hache polie sous cinquante centimètres de bri (Gelin, 1887) et d'autres indices préhistoriques semblent l'affirmer. Vers 1000 ans avant J.C., la mer se retire progressivement.L'influence des fleuves et rivières, de l'eau douce, devient prépondérante dans la "Venise Verte" : les végétaux (arbres : saules, bouleaux, noisetiers, frênes... et surtout les roseaux, massettes, joncs, rouches) s'accumulent et pourrissent mal dans cette zone recouverte d'eau douce au moins neuf mois par an. Cette accumulation de matière organique a donnée naissance aux tourbes et aux sols argilo-humifères d'une couleur noire caractéristique.Puis, 600 années avant notre ère, les Pictons (celtes habitant la région, à l'origine des mots Poitou, Poitiers...) s'installent sur le rivage et certaines îles. Durant les invasions romaines, des gués sont tracés, puis, les Scythes et par la suite les Teifales, tous mercenaires soumis à la volonté des consuls, investissent les terres maraîchines (système des colonats).Le Moyen-Age voit localement l'installation des Colliberts, hommes dont le statut d'existence se place entre liberté et servitude. Les Grandes Invasions, Vikings (Ve), Arabes (IXe) modifient les caractères hétérogènes de ces populations locales, poussant une partie de celles-ci, fuyant les massacres, à se réfugier dans les grandes roselières dulçaquicoles, vivant à l'écart dans des huttes soumis aux inondations (d'où le terme huttier), trouvant dans la pêche et la chasse le nécessaire à survivre.Parallèlement, durant ces périodes, le Golfe poursuit son envasement : par le jeu des courants marins, de fines particules d'argiles originaires de la Gironde et de la Loire viennent s'y échouer. Ce phénomène original, conduisant à une avancée de la ligne littorale, persistant aujourd'hui, a créé le bri, roche argileuse bleutée, caractérisée par la présence de scrobiculaires, petits coquillages marins. De plus, en amont, les rivières, en particulier la Sèvre, complètent l'envasement par des dépôts alluvionnaires, particules prélevées dans leurs cours supérieurs. Ces terrains envasés, en proie aux inondations, n'intéressent guère les seigneurs locaux qui les concèdent aux moines bénédictins.Ces derniers, dès le VIe siècle, bâtissent des abbayes, sur le rivage et les îles du Marais (LUÇON, SAINT MICHEL EN L'HERM, MAILLEZAIS, NOUAILLÉ, NIEUL SUR L'AUTIZE,...). A la fin du Xe siècle, des ébauches de drainage donnent lieu à des cultures. Plus tard, des canaux sont tracés : Le Bot-Neuf (1199), Le Bot de Vendée (1210), puis les onze kilomètres du Canal des Cinq Abbés, reliant l'Anse du Brault à VOUILLÉ en 1217 (oeuvre des abbayes de L'ABSIE, SAINT MAIXENT, MAILLEZAIS, SAINT MICHEL EN L'HERM et NIEUL SUR L'AUTIZE).Ces travaux de conquête d'espace atterris (protégés de l'eau) visent deux buts : isoler les terres de la mer (endiguement), les écarter des eaux fluviales qui déferlent lors des périodes de pluie (endiguement et création de canaux d'écoulement des eaux douces vers la mer).


Le peuplement primitif:

L'homme est présent dans cette contrée depuis fort longtemps. Les premières traces de presences font états d'un peuplement datant de 80.000 ans avant JC . Des restes de foyers ont été découverts au lieu dit LA CHAIZE à NOIRMOUTIERIl s'agit de peuplades nomades vivant de cueillette et de chasse et pêche. C'est de 8.000 avant JC ,que datent les signes de populations sédentaires occupant le pourtour du golfe des pictons .ces peuples découvrent la culture et l'élevage . Ces habitants vont nous léguer TUMULUSet DOLMENS ( chambres mortuaires) et MENHIRS . ces derniers présents dans la région d'AVRILLE et du BERNARD gardent une part de leurs mystères. Présents près des DOLMENS, s'agit - il d'un culte mortuaire? leurs formes phalliques sont -ils un symbole de fertilité? Peut-être puisqu'on dit que bien plus tard avec l'arrivée des CELTES, les femmes se frottaient le ventre contre ces pierres mystérieuses pour être fécondes .Part de mystère également les pierres de grès et de granit utilisées par ces hommes préhistoriques, alors que le sol de cette region ne renferme que du Calcaire. Le DOLMEN de LA FREBOUCHIERE par exemple est recouvert d'un toit en granit d'une seule pièce pesant 80 tonnes !!!!! très forts ces habitants !!!!!Autour de 700 avant JC arrivée des CELTES qui vont faire une decouverte majeure le SEL. Hardis navigateurs ils parcourent le golfe et grace à leur découverte il vont pouvoir conserver le produit de leur pêche. Belliqueux ils vont aller de conflits en conflits avec leur voisin du nord, celtes comme eux, les VENETES . TIs acceptent facilement la conquête ROMAINE - 70 à 50 avant JC - et deviennent leurs alliés pour combattre les Celtes du nord de la Loire . De plus, connaissant sur le bout des doigts le golfe, ils guideront les navires à Cesar à travers les hauts fonds qui commencent à parsemer le Golfe. LUCON deviendra ainsi le port militaire de la flotte Romaine.D'autre part dès le 3e siècle aorès JC les Pictons vont commencer à être christianisés par des religieux venus d'Irlande ce qui facilitera leur assimilation par les FRANCS, dont le chef CLOVIS c'est converti à la religion catholique. Entre ces deux périodes la contrée verra défiler les barbares venus de l'est SUEVESALAIN- WISIGOTH et pour terminer d'autres barbares encore plus féroces . Ceux ci venus du nord - les VIKINGS- vont mettrent en particulier la cote à feu et à sang .Arrive le Xe siècle qui voit la main de l'homme commencer à essayer de dompter le marécage. Ceci est une nouvelle ère dans le marais.